Trop de dialogues ? Jamais !

astuce scénario bd est ce que je mets trop de dialogues

« Est-ce que je mets trop de dialogues » ? est la question que j’entends le plus souvent en stage de scénario BD.

La réponse est en général : « Pas assez ! Il en faut plus » !

C’est assez fascinant de voir des auteur.es confirmés (roman, séries, théâtre…) qui se restreignent dans leurs BDs, qui font trop court, trop sec, parce qu’ils/elles ont peur qu’il n’y ait pas assez de place dans les bulles. Ou que ce soit ennuyeux. Ou que le lecteur trouve que les pages sont trop chargées. Et puis, « show not tell », hein.

Mais en BD, il faut tell-er, un peu.

Une autre formatrice m’a même dit : j’appelle ça le syndrome du dossier de présentation. L’auteur.e arrive avec un dossier superbe. Un pitch d’enfer. Un synopsis entraînant. Une note d’intention émouvante. Et paf, il commence sa BD, il écrit les dialogues de sa planche, et ça ressemble à : « Un café ? », « Oui, deux sucres ».

(Ce qui peut être le dialogue parfait, ça dépend du contexte, bien sûr) !

Bref, tout le sel, toute la beauté du dossier ont disparu à la rédaction des planches, parce que les auteur.es se censurent, qu’ils ne mettent pas assez de texte.

Et c’est une vraie bataille de les convaincre qu’ils peuvent se lâcher, ils peuvent y aller, ils peuvent débrider… qu’on attend en BD des dialogues aussi poétiques, aussi profonds, aussi littéraires (ou crus) qu’on les trouverait en roman. Ou ailleurs.

Et d’ailleurs, Riad Sattouf, 800 caractères en moyenne par planche, dialogues et voix off. Petit format. Alors, go.

Image, Riad Sattouf, bien sûr.

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